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Rachad Bernoussi Une assemblée tenue dans la discrétion
Résume  Ammouri maintenu à la présidence par applaudissements
Par Abdeslam Bilali



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Car il faut le souligner, et cela a son importance, ce club restera l'une des pépinières les plus performantes du Royaume. Il n'y a pas un club du Groupement qui n'ait au moins un joueur issu de l'école du Rachad. Si l'on devait dresser une liste de ces vedettes, «vendues» parfois à prix d'or, elle serait bien longue. Mais nous ne pouvons résister à la tentation de citer ceux qui ont porté les couleurs nationales et qui se sont lancés dans le football professionnel, à l'image des plus illustres, comme Safri et Lembarki.

D'autres ont fait les beaux jours des clubs nationaux et l'on rappellera par exemple que le KACM, du temps du président Médiouri, se pourvoyaient chez le Rachad Bernoussi et les Marrakchis n'ont jamais regretté leur choix. Bref, ce préambule montre à quel point ce club est riche en individualité et donc, forcément il attise les convoitises. Les présidents qui se sont succédé à la tête des comités ont livré des luttes sans merci pour un fauteuil devenu alléchant. On se rappellera de la rivalité entre Ahmed Ammouri et maître Mansar, non seulement sur le champ sportif mais aussi politique. Du coup, des clans se sont formés au gré des assemblées générales et des compétitions.

Certains supporters du Rachad ont eu bien du mal à faire entendre leurs voix en dehors du terrain, faute d'une place parmi les adhérents. Difficile pour eux d'admettre une telle injustice. Certains parmi eux ont vu naître ce Rachad, l'ont vu grandir jusqu'à devenir un club ambitieux et compétitif évoluant même en première division, et qui a joué une finale de la Coupe du Trône, face à l'équipe des FAR et une coupe continentale devant l'Espérance de Tunis. Un club qui a vu défiler les meilleurs techniciens, en l'occurrence Mustapha Madih, Paco Ruiz, Mohamed Sahraoui, Mohamed Hilline, Mohamed Madih, et bien d'autres encore.

Mais depuis deux ou trois ans, quelques fans, «les indésirables» comme les appelle Ammouri, sont montés au créneau pour dénoncer une gestion qu'ils jugent calamiteuse. Des milices sont créées pour faire taire ou écarter tous les opposants. Bernoussi est en ébullition. La porte restera définitivement fermée à bon nombre de supporters qui souhaitaient adhérer au club. C'est donc dans des conditions extrêmement sécurisées que le Rachad et le petit groupe d'adhérents, les fidèles, tiennent leurs assises, la plupart du temps dans des salles de palaces avec vigile à l'entrée et à la sortie. Mais cette année, ce fut le comble.

Face à la montée de la grogne d'une centaine de mordus du club, face à l'agitation qui se fait menaçante pour son fauteuil, le président Ammouri a choisi de tenir son assemblée à 40 km de Casablanca du côté d'El Gara, dans un lieu perdu dans la campagne, une sorte de club de chevaux qui n'en porte que le nom, où une odeur pestilentielle vous prend au nez dès l'entrée.

Autre son de cloche
Selon les opposants à Ammouri, le Rachad a vécu au rythme de la campagne électorale du président et cela tous les supporters le savent. Songez que depuis 1995, aucun adhérent n'a payé la cotisation de sa poche. Tous ont bénéficié des largesses de Ammouri, nous a déclaré M. Abdelkarim Marouane, ex membre du comité du club. Et d'ajouter que le RB n'a plus de public, donc plus de recettes ; et c'est ce qui a fait bondir les véritables supporters. Ils l'ont signifié au président et en réponse ils ont été interdits d'adhésion. Le trésorier n'a jamais mis les pieds au stade et il se contente de signer les chèques sans savoir où va cet argent.

C'est un imam au comportement douteux qui distribue les fonds. Dans le rapport financier, une des rubriques se rapporte à la prime de rendements. Demandez aux joueurs s'ils ont reçu cette prime? Il y a un certain nombre d'irrégularités dans la gestion de ce club et les Rachadis n'ont pas le droit de se taire face à l'injustice dont ils font l'objet. Bon nombre de joueurs ont été imposés à l'entraîneur Nordinne Harraf et également à Si Mohamed Sahraoui, pour la simple raison qu'ils habitent dans la circonscription électorale du président. Il avait besoin du soutien des parents de ces joueurs qui n'avaient pas leur place. Ce sont ces visées politiques qui ont réduit tous les espoirs du Rachad qui compte actuellement 27 adhérents dont 9 sont de la famille du président. Certains ne viennent que lors d'une assemblée et ne donnent plus signe de vie durant toute la saison. Pourquoi les autres sont-ils indésirables alors que parmi eux, il y a de hauts cadres, des intellectuels, des professeurs universitaires, etc. ?

“Quatre adhérents, dont moi-même, se sont adressés à la justice contre les agissements irresponsables du président et nous allons demander
un audit”, nous a déclaré Abdelkrim Marouane, ex-membre du comité du Rachad Bernoussi.
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Sacrée mésaventure

L'assemblée s'est tenue loin des yeux qui lorgnent un peu trop du côté de la gestion du Rachad. A l'entrée, des individus nous ont bien montré leur hostilité, en dépit de la présentation de notre carte de presse. Visiblement, ils en voulaient à notre photographe qui a immortalisé l'une des scènes d'hystérie qui s'est emparée des malabars. Insultes, mots orduriers, menaces, on aura tout subi avant d'accéder au «parking», un terrain vague gardé par deux gendarmes témoins de ces exactions.

Le pire allait venir car l'un des vigiles, habitant visiblement dans les parages, mais qui portait un badge, nous a empêchés carrément d'accéder à la salle, en proférant des menaces. D'autres confrères nous ont confirmé avoir subi le même sort. Un sentiment d'insécurité s'est emparé de notre petit groupe. Voilà l'histoire rocambolesque d'un voyage hors du commun, que nous avons regretté d'effectuer pour couvrir cette d'assemblée.

Nous avons pu avoir une idée sur la mentalité et la crédibilité de certains dirigeants, dont notre football dépend, sur la manière dont sont tenues certaines assemblées et sur le silence complice des responsables. Nous n'avions même pas eu besoin de récupérer les rapports moral et financier, qui ont été adoptés par acclamation. Pour en faire quoi ? Tout juste, avons nous noté qu'Ahmed Ammouri reste à la présidence du Rachad Bernoussi et que l'assemblée lui a donné le feu vert pour constituer le comité.
   
   
   
  Par Abdeslam Bilali | LE MATIN

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ajouté par un Visiteur Anonyme le 30/07/2008 consulté 68 fois